Couvrant une partie des Bouches-du-Rhône et du Var, les quarante-cinq mille hectares de la forêt de la Sainte-Baume se situe entre cent cinquante et mille mètres d’altitude et se divise en deux parties principales entre l’ubac (la partie sombre de la montagne) et l’adret (partie exposée au soleil). Son nom viendrait de la grotte, « baumo » en provençal, dans laquelle se réfugia sainte Marie-Magdeleine, située au flanc de la falaise nord.
La partie domaniale se limite à mille huit cents hectares. Cette dernière est composée pour moitié de chênes pubescents, d’érables roux, de tilleuls, d’ifs et de hêtres, l’autre moitié recélant principalement des pins sylvestres ainsi que des feuillus et quelques sapins et cèdres. Bien sûr, les différentes essences d’arbres ont naturellement tendance à se répartir par étage en fonction de l’altitude. Ainsi, nous trouverons à basse altitude et en adret la garrigue et le pin d’Alep ou des hêtraies situées sur l’ubac entre sept cent cinquante et mille mètres d’altitude. Il semblerait qu’un microclimat engendré par la forêt elle-même permette de maintenir le niveau d’humidité nécessaire à des arbres comme le hêtre qui est normalement une essence absente du Sud de la France.
La flore est très riche d’espèces peu courantes ou protégées comme le lis martagon, le narcisse des poètes, des orchidées, des anémones, des rosiers sauvages, des fougères, la saxifrage, etc. La faune compte une grande variété d’oiseaux, de mammifères (sangliers, chevreuils, genettes, blaireaux, chauves-souris…) et de poissons.
Comme pour tous les massifs forestiers du Sud de la France, le risque demeure le principal danger, notamment sur l’adret particulièrement chaud et sec. On ne saurait donc trop recommander la plus grande prudence aux promeneurs et conducteurs qui viendraient à passer dans cette région. On notera également la protection d’une partie du massif par les moines dominicains établis ici depuis des siècles. Les randonnées y réservent de nombreux paysages grandioses et multiples.