La forêt domaniale de Tronçais, dans le département de l’Allier en Auvergne, couvre un peu plus de dix mille hectares. Le chêne sessile (aussi appelé chêne rouvre) constitue l’essentiel de sa population d’arbres (73 %), mais on y trouve aussi le hêtre et le chêne pédonculé ainsi que quelques représentants du charme et du pin sylvestre. On y exploite massivement le bois de chêne pour la fabrication des meilleurs tonneaux pour le stockage du cognac, des grands vins français et même des vins étrangers (Californie, Argentine…).
Cette vaste chênaie naquit à l’initiative de Colbert en 1670 qui voulait une production de bois de grande qualité pour la construction des navires de la marine française. La création, en 1788, des forges de Tronçais contribua à la forte dégradation de cette forêt pour l’alimentation en charbon de bois des susdites forges. Ce n’est qu’au 19e siècle que la forêt fut reconstituée. L’Office national des forêts y réintroduisit des cervidés au début du 20e siècle.
Cette forêt est remarquable pour les chênes classés qui ont été préservés de l’exploitation. De grande taille, entre trois mètres soixante et six mètres cinquante de circonférence, ils portent tous un nom et ont plus de trois cents ans, le plus vieux, le chêne Sentinelle, atteignant quatre cent soixante quinze ans. L’un d’eux, le chêne de la résistance, fut d’abord choisi par le maréchal Pétain sous l’Occupation durant la Seconde guerre mondiale. D’abord appelé le « chêne Pétain », il fut rebaptisé officieusement « chêne Gabriel-Péri » (qui fut dénoncé et fusillé en 1941), avant de porter son nom actuel.
On peut y trouver également une quarantaine de fontaines plus ou moins aménagées, notamment : la font de Viljot, ou encore, la font du grand gué près de laquelle a été découvert un site archéologique gallo-romain. Enfin, parmi les étangs, on notera l’étang de Saint-Bonnet-Tronçais qui occupe quarante-cinq hectares et voué aux sports et aux loisirs.