La forêt de Verdun, située près de la ville du même nom, couvre environ douze mille hectares du département de la Meuse. La genèse de ce massif est singulière. En effet, celui-ci a complètement disparu au profit de l’agriculture dès la période gallo-romaine et rien ne laissait supposer qu’il serait reformé des siècles plus tard. Mais la Première guerre mondiale devait changer radicalement le devenir de cette région. Verdun fut probablement le lieu le plus bombardé de toute la Première guerre. Après ces évènements, le sol était tellement truffé de polluants et de munitions diverses dont toutes n’avaient pas explosé, qu’il fut jugé plus prudent de ne pas y réinstaurer de zones agricoles. Ainsi, on décida de n’autoriser que la plantation d’arbres et la forêt de Verdun naquit.
La jeune forêt de Verdun, au climat subatlantique humide et froid, compte des feuillus, principalement des chênes pédonculés, et des résineux. Elle a fait l’objet de tant d’attentions de la part de l’Office national des forêts qu’elle s’est finalement bien développée. Elle constitue à présent une zone charnière entre les zones de répartition de diverses espèces végétales et offre un espace d’étude biologique exceptionnel. La faune a fini par se diversifier et compter des oiseaux, des chauves-souris, des amphibiens, des reptiles, des sangliers devenus nombreux. Toutefois, il est probable que l’ensemble des animaux et végétaux soient plus ou moins contaminés par les produits toxiques et les métaux introduits dans le milieu naturel durant la guerre. Il est d’ailleurs conseillé de ne pas consommer les champignons et les abats de gibier. En revanche, on ne relèvera qu’une faible population d’insectes se nourrissant de bois mort, les arbres étant récents et régulièrement renouvelés par l’exploitation forestière intensive.
La majorité des revenus permettant l’entretien de la forêt de Verdun provient des baux de chasse. Le massif est régulièrement fermé au public afin d’éviter les accidents pendant les séances de chasse. Les espèces chassées sont principalement le faisan, le chevreuil et le sanglier. En-dehors de ces périodes, la promenade à pied ou en vélo et la randonnée sont couramment pratiquées.